lundi 20 février 2012

Visiter l'atelier de Ketna Patel

Aujourd'hui, j'ai accompagné, avec Mimoune, la classe de Lou qui visitait l'atelier de Ketna Patel.
Le but pédagogique de la ballade étant, autre sortir et voir une artiste, d'écrire un article pour un concours.


Les enfants, surexcités, avaient lu son blog avec le maître et avait hâte de voir sa maison qui est décorée de partout. Ils ont d'ailleurs indiqués au chauffeur de bus lorsqu'on est arrivé "C'est làààààà!"

Dans l'entrée un article de journal la décrit comme "happily culturally schizophrenic, yet deeply grounded in an evolving Asian Culture" (comment traduire? Quelque chose comme "une schizophrène culturelle heureuse, bien ancrée dans une culture asiatique en plein mouvement")



Ketna apparaît, et nous autorise à aller quasi-partout (et là je me demande si elle a bien vu qu'on est arrivé avec 40 gamins surexcités en uniforme...). Ketna dégage: C'est une belle fille, avec un sourire énorme, vachement sympa, et qui parle très simplement de son travail. On a juste envie de devenir sa copine!


Elle est née en Ouganda, de parents indiens originaires du Rajasthan. Elle a grandit au Kenya, jusqu'à ses 14 ans, et la guerre... Munie d'un passeport britannique, ses parents la font fuir vers la Grande-Bretagne. Elle y vivra seule pendant 10 ans. Elle est arrivée à Singapour il ya 19 ans, pour travailler sur le projet de l'Esplanade. C'est donc une figure multi-culturelle, des origines indiennes, mais une jeunesse africaine, une adolescence londonienne, et Singapour en cerise sur le gâteau. Elle dit d'ailleurs qu'elle est de nulle part et de partout.
Elle travaille essentiellement par collage et fait aussi bien des tableaux, que des meubles. Depuis l'âge de 10 ans et son premier appareil-photo (d'ailleurs vite confisqué par ses parents car à l'époque le développement d'une photo était un vrai budget), elle photographie tout ce qu'elle voit et prend notre imagerie quotidienne pour la mettre en scène. C'est en ça qu'elle se revendique du mouvement "Pop Asia" (Pop comme populaire et aussi pour le goût des couleurs acidulés et sympathiques!)


Les enfants avaient préparé des questions, étranges et sympathiques, en anglais, car Ketna ne parle pas français: quels étaient ses rêves? Ses parents aimaient-ils sont travail? J'ai beaucoup pensé à notre amie C. qui un jour avait eu une question de sa tante à propos de son chéri artiste "C'est quoi son vrai métier?"; car la réponse de Ketna a été "ben je crois qu'ils ne savent pas vraiment ce que je fais, mon père est un homme d'affaire, l'art pour lui c'est pas vraiment un métier... Ils sont justes content pour moi car je me débrouille bien"

Son atelier regorge de petits tiroirs bien rangés où elle joue à la documentaliste en classant ses photos par thèmes , et ses coupures de journaux par origine.

Elle donnerait presque envie de reprendre un peu le chemin de la création! Qui sait... si vous entendez parler d'une mère de famille schizophrénique munie de ciseaux qui fait des collages psychédéliques c'est peut-être moi!!!!
Mais en attendant, intéressez-vous à Ketna: elle n'a pas encore exposé en France mais qui sait.... et à mes amis-lecteurs créateurs d'événements, contactez-la. D'abord, elle vit 6 mois par an hors de Singapour et vient souvent en Europe, ensuite, elle vaut le détour et enfin elle serait ravie d'exposer en France!

Et sur ce... un chouette dicton à garder en mémoire!

1 commentaire:

  1. J'avais complètement oublié cette anecdote...
    C.

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